Je ne peux pas garder cela pour moi. C’est bien trop délectable.

J’ai développé une pratique cette année et j’aimerais la partager avec vous.

Rien de méchant.
Rien de fatigant.
Et dans le pire des cas,
Ça fait passer le temps …

Bien des problèmes dans le monde des hommes viennent du fait que l’on se sent (consciemment ou inconsciemment ) détaché du monde qui nous entoure: le fameux « y sont cons les gens« . Bien sûr, nous sommes tous victimes des phénomènes de foule désagréables: ceux qui ne respectent pas les files d’attente, ceux qui ne tiennent pas les portes, ceux qui ne s’embarrassent pas d’un ‘Bonjour!‘ avant de vous demander leur chemin, … mais répondre à l’identique est-ce une solution viable? passé la minute vengeresse où la colère nous bat les tempes? Est-ce que les gens pris individuellement sont cons?

Personnellement, je ne pense pas. Alors lorsque je sens que mon quotidien m’isole du monde, que ma facture de gaz me fait froncer du sourcil et perdre ma patience, je m’exerce à aimer mon prochain. Et c’est super agréable. Généralement, je le fais dans le métro car les gens sont absorbés par leur iPods, leurs romans et autres journaux gratuits (un grand mal). Je commence par ma gauche et je pose mon regard sur la première personne dans mon champ de vision. Homme ou femme, vieillard ou enfant, je m’imagine le/la prendre dans mes bras tout en me persuadant que c’est un pote que je n’ai pas vu depuis longtemps, qu’il/elle vient de décrocher un nouveau taff, ou si la personne est visiblement triste, que je la réconforte. Lorsque je sens une familiarité avec cette personne, lorsque je sens qu’une connexion humaine a eu lieu, que j’ai reconnu en l’autre ce que j’ai en moi alors nous sommes un et je passe au suivant. Hop. Dès fois je me joue de la musique dans la tête. Beirut marche pas mal en ce moment:


Je sais ce que vous allez dire. C’est complètement naze. Et bien pourquoi ne pas essayer? Et l’excuse du « j’prends pas le métro » ne tient pas! Ça marche à la poste, au supermarché, au tabac … Rien ne remplace l’expérience! Vous verrez qu’après quelques semaines, la patience commencera à germer, un peu plus tard la compréhension et, allez, soyons fous, la compassion ?!

J’aime bien le Bouddhisme Tibétain car c’est super organisé: il y a quasiment un Bouddha pour tout. Celui qui me plaît bien c’est Chenrezig, Avalokiteshvara pour les intimes.

Chenrezig

Il incarne la compassion. J’ai trouvé une citation sympa à son sujet:

 » Chaque personne dont le cœur est ému par l’amour et la compassion, qui agit profondément et sincèrement pour le bénéfice des autres sans se soucier de la gloire, du profit, du statut social ou de la reconnaissance exprime l’activité de Chenrezig »

Bokar Rinpoche

Alors on n’est pas des saints, on n’est pas des anges mais on peut se la jouer Chenrezig. Ça ferait de mal à personne.

Jema Jai Yong
(Kenavo en Tibétain)

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